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So long, Nantes

Fini

Valerian Pavelevitch

Journal de bord du Sacre Russe : 4ème jour

4ème jour: Le bateau dans un coquillage

Une errance béante se forme, un soir de février. Au bord d'un canal frileux, je pense aux bateliers de la Volga, qui n'avanceraient pas plus vite que moi, même si la colère du Tzar, ambassadrice de la mort comme je l'ai entendue nommée, était à leurs trousses. C'est alors qu'une vision insolite, sortie d'un songe vague et irréel vient à ma rencontre.

Une jeune Titanide a du égarer ici un coquillage. Peut-être voulait-elle emmener chez elle des mélodies inconnues, qu'aurait faite résonner en la portant au creux de son oreille la géante porcelaine. À côté des eaux gelées il s'est échoué. Pourquoi ne pas l'explorer?


Mes pas me portent, et je me sens glisser, couler à travers les valves architecturales. À l'intérieur, la lumière joue, se déploie sur les parois minérales et opaques, les murs transparents. Je ne sais plus si je suis dedans ou dehors. Mais j'entends la musique, la musique cachée. Les notes, les chants et les portées se croisent, se choquent, rythmant ainsi la valse qu'est devenue cette marche, celle des voyageurs, coutumiers, ou vagabonds perdus comme je le suis.


Player Auditorium

Plus je m'aventure, et plus je m'étourdis, dans les stries de la coquille, la spirale de l'immense nautile. Et au milieu de la foule venu chercher les paysage d'une contrée lointaine dans les enceintes de leur ville.

Mais, y a-t-il quelque chose plus loin, au-delà du coeur palpitant de sons qui se prépare à éclore? Ne pourrais-je m'y aventurer? N'y trouverais-je rien?


Si. il y a un bateau caché. Des armatures et des matelots. Des marins, pirates et corsaires armés de tromblons-trombones, arcs-archets, de batteries d'artilleries.


Pendant que les voix préparent leurs canons, d'autres manoeuvrent les cordages. Je déambule sur le pont, c'est le branlebas de combat. Dans un instant, ce sera l'abordage, et le navire ancré dans la grandiose conque lèvera les voiles et le rideau.


Player Coulisses

« Hé! Ça va? »
-Mmhhmmarrrh... »
-Tiens le coup, on a presque fini de filmer et il reste que 2-3 photos à prendre. »
-Mmmmmhhhrgh ouais ok »

« Знал бы, где упасть, соломки бы подостлал » Autrement dit, si j'avais su où j'allais tomber, j'y aurais mis de la paille. Et accessoirement, si j'avais su qu'hier j'allais rentrer dans un tel froid, j'aurais pris un bonnet et une écharpe. Ça m'aurait éviter de me ramener aux concerts d'aujourd'hui avec un rhume et 39° de fièvre délirante...

Mais bon, c'était pas si mal tout compte fait...

Le dernier mot pour Monsieur le Maire.

Pour Jean-Marc Ayrault (en photo ici avec son épouse), l'édition 2012 de la Folle journée, qui a rassemblé 1800 artistes,  est  un plein succès.

Les chiffres viennent de tomber : 152 000 billets vendus pour 284 concerts payants, 37 concerts gratuits, 48 conférences, 18 représentations de théâtre musical et plus de 20 concerts hors les murs (universités, maisons de quartier, centre de détention, communes de la métropole...).

Rendez-vous en 2013... et en 2014 pour la 20ème édition !

Jean-Claude MOYON

Thomas, 13 ans, grand-reporter

En cette dernière journée, tandis que la foule compacte se presse dans les allées et escaliers de la Cité des Congrès pour rejoindre le prochain concert, un technicien vidéo est concentré et interrogatif sur la façon dont il va monter son sujet du jour !

Thomas, c'est son prénom, est en train de filmer le générique de la Folle Journée et se demande si la bonne solution pour le soir est de venir avec son ordinateur pour réaliser son émission en quasi-différé ou s'il effectuera le montage à la maison dans sa chambre-studio !

Cela fait déjà 2 ans que Thomas pratique assidument la vidéo et le son et que la technique n'a plus beaucoup de secrets pour lui. Et quand il a besoin de tuyaux, Thomas va voir ses copains techniciens de France 3, qui se font un plaisir de partager avec lui les ficelles du métier !  Thomas est sur tous les évènements culturels de la région nantaise avec son matériel et il est même animateur sur tonicwebradio.net où il a présenté l'édition 2012 de la Folle Journée !

En attendant qu'il se fasse un nom dans le métier, retenez bien son prénom !

A bientôt sur les ondes, Thomas !

Jean-Claude MOYON

Problème de voisinage

FrancoisII

- Encore ?! Mais ça ne va jamais finir ! C'est chaque année maintenant ! Marguerite. Marguerite, réveille-toi.
- Hum ? Quoi encore François…
- On est sous quinze tonnes de marbre et j'entends quand même une fanfare. Tu y crois, ça ?
- Oui, François, c'est la Folle Journée.
- La Folle Journée ?
- Tu m'énerves, maintenant, tu me fais le même cirque tous les ans. C'est la grande fête de la musique classique à la Cité des congrès.
- Mais enfin quand même ! Moi, François II, Duc de Bretagne, mort il y a plus de 500 ans et enseveli sous une chape de marbre, au fin fond de la Cathédrale, tu vas me dire que je les entends quand même.
- Et bien tu as de bonnes oreilles après toutes ces années, bravo François…
- Tu te moques, Marguerite, je le vois bien… Tu sais, j'ai guerroyé pour la conquête de la Normandie, j'ai occis des milliers d'hommes pendant la Guerre folle et jamais, entends-moi bien Marguerite, JAMAIS, je n'ai entendu pareille musique. Où sont les messes ? Où sont les motets ? Où sont les luths ?
- Il y a du balalaïka, c'est un peu un genre de luth, tu sais.
- Le balalaïquoi ?
- Le balalaïka.
- D'où tu connais ça ?
- Je sors, moi, monsieur. Je ne reste pas enfermée dans mon sarcophage en attendant que le temps passe.
- Attends. Tais-toi. Renifle. Tu ne sens pas ?
- Quoi donc ?
- Une odeur de mazout…
- C'est la Cité des congrès de l'autre côté qui doit faire marcher son groupe électrogène. Ça use 3000 litres de fioul par jour, tu sais bien.
- De fioul ? C'est quoi ça encore ? Le diable en personne ? Et ces "vraoum vraoum", qu'est-ce donc ?
- Les voitures qui se garent dans le parking au bout de la rue.
- Marguerite, tu as réponse à tout. Tu m'énerves.
- On peut dormir maintenant ?
- Non, je suis de mauvais poil. J'en ai marre de cette musique. De la musique de SAUVAGE, je te le dis. C'est le signe de la décadence !
- Mais non, c'est de la musique russe, je crois.
- Russe ? Qu'est-ce que ça encore ? Ça fait un de ces potins…
- Je ne connais pas plus que ça, François, je suis décédée tout comme toi, mais c'est la musique de leurs temps, j'imagine.
- De la musique de beatnik, oui. Mais comment peut-on écouter ça, Marguerite. On dirait des boulets de canon !
- Comment as-tu pu entendre des canons, ça n'existait pas à ton époque ! Diable, que tu es grincheux, rétrograde et bourgeois…
- Chut, Marguerite, je suis fatigué et las. Je vais me mettre des racines de mandragore dans les oreilles. Ça fera bouchon.

Valerian Pavelevitch

(photo CC Djof)

Un hall à débat ?

Quelles difficultés y a-t-il à sonoriser un concert dans un hall de fac ? La réponse des techniciens :

Inge son amphi by arte-folle-journee

Petits propos recueillis par Lucie Aubin

Humour slave

D'abord, lire ici.

Bdstrav

Valerian Pavelevitch

Alors ?

Motion Trio dans le hall de la Censive, verdict.

Impressions motion trio by arte-folle-journee

Lucie Aubin

Justesse à la clé

Au hasard des rencontres, il est permis d'en faire de bien jolies. Jeudi dernier, mon petit tour au petit jour, a été l'occasion de croiser le coordinateur des accordeurs de piano des folles journées : Denijs De Winter. Rendez-vous pris pour ce samedi matin, il nous a raconté en quoi consistait ce rôle de chef d'un orchestre bien particulier, avant de nous mener dans l'arrière-scène du l'auditorium Pouchkine.

Chef d'accords by arte-folle-journee

Là où la prise de son peinera à retransmettre toute la saveur de l'immersion, quelques mots tenteront de pallier le manque. Au sortir d'un concert à midi, les musiciens de l'Oural, plutôt guillerets, vont et viennent au milieu des techniciens affairés. Pendant que les uns, selon leur instrument, soufflent, tapent, frottent, cognent, discutent... les autres se hèlent, d'un signe de tête, de main ou de voix, pour assurer sonorisation et prise de son du concert à venir. Seulement 45 minutes de battement et un orchestre qui souhaite encore faire des raccords. Avant d'oeuvrer, Denijs doit donc attendre que chacun soit au point : le pianiste, qui parcourt longuement le clavier, et les harpistes, juste derrière, qui elles aussi cherchent leur commune justesse. Lorsque vient le moment d'agir sur les notes repérées lors de la répétition, le public entre déjà. Denijs est alors un avant-goût du spectacle, le charme du concert classique. Surtout ne pas s'y laisser prendre : derrière la scène, les artistes attendent le signal pour entrer tour à tour, avant leur chef. Un petit extrait quand même :

Accords by LucieA

Prise de son : Nicolas, Lucie
Texte et montage : Lucie Aubin

Double approche

L'Université de la Folle Journée propose aux étudiants de profiter de quelques concerts au sein même de leur lieu d'études. Mais ce ne serait pas orthodoxe sans apport didactique. Laurent Hennebois, directeur de la culture et des initiatives et Danielle Pailler, vice-présidente à la culture et enseignant-chercheur en management culturel nous ont expliqué la démarche. Une journée a séparé nos deux entretiens, mais les deux représentants sont pourtant bien au diapason.

UnivFJ by arte-folle-journee

Lucie Aubin