Samedi, le musicien et chef d'orchestre de renom accueillait Lidjia & Sanja Bizjak, le Trio Chausson, Raphaël Pidou, Jean-Philippe Collard, le Quator Modigliani et André Lischké sur le plateau des « Plaisirs d'amour », émission diffusée sur France Musique en direct de la cité des congrès.
Face l'affluence dans le studio de France Inter lors de son émission « Carrefour de Lodéon », jeudi dernier, le plateau de Frédéric Lodéon avait été déplacé dans la grande halle Diaghilev. Malgré cela, on manquait encore de sièges, et parmi les quelques centaines de festivaliers venus l'écouter, plusieurs sont restés debout. Au programme : de la musique russe bien entendu, de Stravinski à Chostakovitch en passant par Rachmaninov. A la fin de l'émission, M. Lodéon a chaleureusement accepté de répondre à nos questions.
Que pensez-vous des Folles Journées ? En quoi se distinguent-elles des autres festivals de musique classique ?
Ce qui est formidable ici, c'est la concentration dans un même lieu. Tout le monde se croise et se côtoie : on rencontre tellement de gens qu'on aime bien, on apprend à connaître tellement de gens formidables. C'est cette densité sur quelques jours qui est incroyable. Ca a porté la musique classique à ébullition, à un point qu'on ne connaît pas ailleurs. D'ailleurs, le directeur de France Musique disait tout à l'heure que cette événement était vraiment formidable pour nous, qui sommes encore une chaîne un peu confidentielle : lors de l'émission qui vient de se terminer, des centaines de personnes sont venues nous écouter. C'est donc l'occasion de faire vivre la musique de manière extrêmement intense et populaire.
Avez-vous l'occasion de profiter des concerts aussi en dehors de vos émissions ?
Pas tellement, je l'avoue, car j'ai pas mal de travail (préparation d'émissions, direction de concerts...) La musique, je la porte beaucoup en moi : j'en joue depuis l'âge de 5 ans (j'en ai bientôt 60 aujourd'hui) ; elle est dans ma vie et jusque dans mon sommeil... Mais mon rôle est avant tout un rôle de médiateur. Il s'agit de mettre en valeur ce que font les musiciens. Malheureusement, je n'ai pas trop le temps d'aller aux concerts, mais je connais tous les artistes qui sont là : il y en a beaucoup avec qui j'ai joué, d'abord comme violoncelliste et maintenant comme chef d'orchestre...
Cependant, le plus important pour moi en ce moment, c'est de faire connaître le talent des autres.
Pensez-vous que les génies de la musique sont forcément précoces ?
Pas forcément. Il y a par exemple un très grand pianiste qui s'appelle Sviatoslav Richter qui a commencé le piano à 19 ans. Il y a des compositeurs très précoces, mais il y en a aussi qui ont commencé sur le tard. Evidemment, il est mieux d'être dans la musique assez jeune quand même ; mais ce n'est pas bien non plus de devenir un enfant prodige poussé au travail par les parents... Néanmoins, il ne faut pas croire que la musique est une chose facile. Comme c'est un parcours long et difficile, autant commencer tôt.
Quel vous semble être aujourd'hui l'intérêt des jeunes pour la musique classique ?
Il me semble qu'il y a intérêt croissant qui n'est pas évident puisqu'évidemment on aime la musique classique plutôt à la maturité. On aime les choses plus faciles quand on est très jeune, et d'après les témoignages de beaucoup de monde, c'est vers 40 ans qu'on commence à s'intéresser au classique. C'est normal. Il ne faut pas forcer les choses. Bien sûr, ici, on propose aussi des choses pour les jeunes, par exemple le ciné-concert Pierre et le loup dont les enfants ressortent tout contents.
Tout cela fonctionne extraodinairement bien ; ce qui se passe ici est un exemple absolu. Les Folles Journées sont comme l'Annapurna ou le Mont-Blanc : elles sont indiscutables. C'est l'événement le plus fort de toute la musique en France.
Juliette LG. et Chloé G.
Mots-clefs : folle journée, Frédéric Lodéon

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